Deux jours après l’annonce faite le 5 juillet par M. Migaud au SJF, puis devant le Conseil supérieur des CRTC, des nouvelles orientations qu’il entendait proposer au Parlement pour réformer les juridictions financières, Le Premier président a été auditionné par la commission des lois à l’Assemblée. Il a à cette occasion confirmé en tout point ses convictions et la vision qu’il entendait promouvoir de la réforme des juridictions financières.
Compte-rendu de l’audition de M. Didier Migaud le 7 juillet
Le 21 juillet, le président du SJF, Sylvain Huet, et les deux vice-présidents, Bertrand Schneider et Nicolas Onimus, ont été entendus par M. Jean-Luc Warsmann, président de la commission des lois, et rapporteur du projet de loi réformant les juridictions financières. Assistaient également à cette audition du SJF, Mme Marietta Karamanli, députée de la Sarthe et M. René Dosière, député de l’Aisne.
Les représentants du SJF ont souligné que les nouvelles orientations dessinées par le Premier président de la Cour des comptes pourraient être les prodromes d’une réforme rassemblant le plus grand nombre dès lors que seraient pris en compte les propositions du SJF:
Texte de l’intervention du SJF le 21 juillet
Le SJF sera entendu par M. Michel Bouvard, rapporteur du projet de loi pour la commission des finances, le 1er septembre à 10 heures 30.
L’actualité de la réforme des juridictions financières, en sommeil depuis plusieurs semaines, est à nouveau active depuis la désignation le 16 juin de M. Jean-Luc Warsmann comme rapporteur du projet de loi pour la commission des lois de l’Assemblée.
La journée du lundi 5 juillet au cours de laquelle les représentants du SJF ont été reçus par le Premier président, a confirmé que la réforme pourrait connaître une certaine évolution avant qu’elle ne soit discutée en séance publique à l’Assemblée au début du mois d’octobre. Selon l’architecture dessinée par les orientations présentées par le Premier président, les principes d’organisation entre Cour et CRC seraient les suivants :
Depuis les annonces « informelles » faites par M. Migaud, Premier président de la Cour des comptes, à l’occasion de son déplacement à Dijon le 4 juin dernier, l’actualité parlementaire du projet de loi portant réforme des juridictions financières a été relancée. On avait pu penser fin avril que le projet de loi était dans une impasse. En séance publique au Sénat le 27 avril, le représentant du Gouvernement, M. de Raincourt, avait en effet indiqué que le calendrier du projet de loi restait très incertain.
C’est à la commission des lois à l’Assemblée nationale qu’ont été prises les premières initiatives montrant très clairement la volonté de faire voter en première lecture avant la fin de l’année, la réforme des juridictions financières dont la conséquence principale sera la suppression des chambres régionales des comptes.
Face à la volonté manifeste du Gouvernement de mener à terme un projet de loi qui s’il est voté en l’état, réduira les chambres régionales des comptes au silence, le SJF ne baissera pas les bras et poursuivra la défense du contrôle financier local dont l’impartialité et la légitimité sont aujourd’hui indispensables au bon fonctionnement de la démocratie locale. Les magistrats des chambres régionales et territoriales des comptes (CRTC) en appellent à la sagesse des députés et sénateurs pour que la réforme des juridictions financières, dont le bien-fondé n’est pas contesté, ne soit pas le requiem du contrôle des finances publiques locales. En alternative aux orientations radicales et coûteuses du projet de loi, le SJF défend l’idée que d’autres voies sont possibles pour permettre aux juridictions de répondre aux missions nouvelles que leur a confiées la Constitution.
Après les annonces faites par M. de Raincourt, ministre chargé des relations avec le Parlement, de ne pas inscrire le projet de loi portant réforme des juridictions financières à l’agenda de la session parlementaire en cours, de nombreuses interrogations se font jour sur l’avenir de ce texte.
Les Echos rendent compte des interrogations au Gouvernement
Pour Le Point, la réforme passe mal
Si la voix des magistrats des chambres régionales des comptes avait été un peu plus écoutée, en serait-on arrivé là?
Le SJF n’a pas cessé depuis 2007 de professer qu’une réforme était nécessaire. En invitant les responsables des juridictions financières à rechercher comment améliorer le management de nos institutions et la coordination des travaux menés en commun par la Cour des comptes et les chambres régionales, et en formulant des propositions en ce sens, le SJF avait dessiné une voie raisonnable et peu coûteuse. Elle n’a pas été suivie, les promoteurs du projet de loi ayant préféré le « big bang » institutionnel, non seulement risqué car porteur d’une déstabilisation durable, mais en plus inutile car il ne permettra pas d’atteindre les objectifs recherchés, à savoir mieux faire travailler ensemble la Cour et des chambres régionales des comptes.
L’amendement proposé par le sénateur Jean Arthuis à l’occasion de l’examen de la proposition de loi Accoyer a provoqué une réaction syndicale unanime et vigoureuse.
Alors que la commission des lois et celle des finances au Sénat examinait la proposition de loi tendant à renforcer les moyens du Parlement en matière de contrôle de l’action du gouvernement et d’évaluation des politiques publiques votée par l’Assemblée le 27 janvier dernier, M. Arthuis a proposé un amendement reprenant la majeure partie du projet de loi portant réforme des juridictions financières. Face au risque de voir adopté en catimini un texte qui suscite de nombreuses oppositions de forme et de fond, toutes les organisations représentatives des magistrats et des agents de la Cour des comptes et des chambres régionales et territoriales des comptes se sont retrouvées pour adresser une lettre commune à M. Migaud, Premier président de la Cour des comptes, en lui demandant d’exprimer ses plus expresses réserves face à l’initiative prise par M. Arthuis.
La lettre des organisations représentatives
Les mêmes organisations seront reçues le 21 avril par M. Jean-Pierre Sueur, vice-président de la commission des lois du Sénat, et le 27 avril par M. Jean Arthuis, président de la commission des finances.